Sanley Monnaie, auteur, compositeur, multi-instrumentiste et facteur d'instruments

Ethnographie des musiciens seychellois

publié par

Fanie Précourt

22 septembre 2026

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Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.

À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.

Ethnographie des musiciens - Interview de Sanley Monnaie - Mahé, 11/26.

Dans ce podcast, Sanley Monnaie, né à La Digue en 1963, évoque une enfance baignée de musique. Il grandit entouré de musiciens, notamment de joueurs de bonm, et d’un père violoniste qui nourrit très tôt son goût pour les sonorités traditionnelles. Immergé dans ce vivier artistique, il commence à jouer dès son plus jeune âge et intègre un premier groupe à treize ans, en tant que guitariste accompagnateur. Encouragé par Patrick Victor, il élargit progressivement sa palette instrumentale et apprend à jouer du banjo. Curieux et passionné, il maîtrise également le bonm — qu’il accompagne de sa voix —, le tanbour moutya, le makalapo et même la valiha, instrument traditionnel malgache. Il pratique ainsi la plupart des instruments emblématiques du patrimoine musical de la région. S’il reste profondément attaché aux répertoires traditionnels, il apprécie aussi les possibilités offertes par la guitare électrique, car il se définit avant tout comme guitariste. Soucieux de préserver un héritage menacé, il s’emploie à valoriser des instruments en voie de disparition, allant jusqu’à en fabriquer lui-même. Pour Sanley, la musique traditionnelle demeure essentielle et mérite de perdurer. Il défend une vision ouverte et tolérante : chacun est libre de ses choix musicaux, mais il est important de préserver et de transmettre ces expressions culturelles, qui fondent la créolité et l’identité seychelloise.

Fanie Précourt

   

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