publié par
Fanie Précourt
10 juillet 2026
Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.
À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.
Ethnographie des musiciens - Interview de John Wirtz - Mahé, 10/25. Dans ce podcast, John Wirtz, né en 1949, revient sur un parcours musical riche et profondément enraciné dans la tradition seychelloise. Chanteur et principalement violoniste, il maîtrise aussi bien le sega que le kanmtole (vals, mazok, polka, Lanciers…), dont il connaît les subtilités et les exigences. Issu d’une famille de musiciens, il hérite très tôt de cette passion : deux de ses oncles ainsi que son grand-père étaient violonistes. Au fil des années, il développe une grande polyvalence instrumentale. Outre le violon et le chant, il joue de la guitare, de l’accordéon, du benndyo, et pratique également le piano, le clavier et le saxophone. Sa carrière débute véritablement en 1967 avec son premier orchestre, composé d’un batteur et de trois guitares — solo, accompagnement (qu’il assurait lui-même) et basse. À cette époque, les musiciens animaient les sérénades et accompagnaient les marches nuptiales au violon, au triyang et au benndyo, soutenus par une grosse caisse et parfois par l’accordéon. Habitué des scènes et des « bands », John Wirtz a exploré des répertoires variés, allant de la variété internationale aux musiques traditionnelles seychelloises. Compositeur de sega depuis 1967, il a contribué activement à l’enrichissement du patrimoine musical seychellois. Conscient toutefois de la précarité du métier de musicien, il a toujours mené sa passion en parallèle de sa carrière professionnelle au Ministère de la Santé, où il travaille comme assistant en entomologie et officier de l’environnement. La musique, pour lui, demeure avant tout une vocation et un plaisir, cultivé avec constance et fidélité à ses racines.
Fanie Précourt
