Description :
Situées entre l'Afrique et l'Asie, les Îles Seychelles ont été utilisées dès le 16e siècle comme halte routière dans l'Océan Indien par les marchands et pirates qui y trouvait paix et nourriture. Visité notamment par les Portugais et les peuples arabes, l'archipel a été colonisé par les Français (1767 à 1811) qui l'ont surnommé "Île d'abondance", puis par les Britaniques (1811 à 1976).
L'histoire ne dit pas s'il y avait un peuple indigène aux Seychelles. Dès le début de la colonisation, la population a été composée en majorité d'esclaves provenant surtout de l'Afrique noire. Les îles ont été terre d'exil pour nombre de déportés, de révolutionnaires, de "sujets indésirables" pour les régimes impérialistes français et britaniques. Des Indiens de l'Inde, des Malgaches, des personnes en provenance des Îles de l'Océan Indien et du Pacifique, des Africains, des Asiatiques, des Européens ont formé la population.
Aujourd'hui, le peuple seychellois est métissé, créole dans tous les aspects de sa culture. La langue créole des Seychelles, le kreol seselwa, est une magnifique langue imagée, assez proche du français, remplie d'humour et de musique. Cette langue est parlée par moins de 80000 personnes dans le monde... On y entend quelques ressemblances phonétiques avec le parlé québécois, par exemple le "d" qui se prononce "dz". Il existe d'ailleurs de nombreuses affinités historiques, politiques et culturelles entre le Québec et les Seychelles. Notamment, les langues et musiques de ces deux pays de la francophonie sont des petites cousins. Reggae, country, contredanse, chanson française, balades, musiques africaines font partie des musiques créoles seychelloises mais les rythmes qui y sont typiques sont les ségas et moutias. Ces rythmes sont indissociables de la danse et s'inscrivent également dans une riche tradition orale. Les ségas et moutias sont répandus dans tout l'Océan Indien, avec des particularités locales pour chaque île. Il y a une diaspora seychelloise dispersée à travers le monde, dont une communauté seychelloise au Québec.
Projet Sékwé
Christophe Préa, Seychellois devenu Québecois, est natif du village de Bel Ombre, là où serait enterré le fameux trésor du pirate LaBuse. Passioné de culture créole seychelloise, il prend plaisir à raconter les anecdotes des îles et à faire vivre les traditions, convaincu de leur valeur devant les cultures mondialisées. à l'origine du projet Sékwé, il y avait le souhait de CHristophe de réunir des musiciens de diverses origines dans un esprit de partage et de découverte des musiques de l'Océan Indien. L'univers de Christophe s'est mélangé avec celui de Karen, auteure-compositeure-interprète et multi-instrumentiste, pour donner naissance à des chansons Sékwé qui ont une sensibilité, une consonnance universelle. Puis, les musiques ont été bonifiées du violon passioné de Cynthia ainsi que par l'apport et l'interprétation des musiciens qui ont collaboré au projet. Sékwé, c'est une histoire de cœur et de rencontres. Homo habilis, ce sont les habiletés humaines, la capacité d'imaginer, de faire, de créer. La musique et le métissage, c'est notre vie quotidienne, notre plaisir que l'on partage.
Trad Sékwé :
Les musiques traitionnelles québécoises et seychelloises sont deux cousins. En quête d'épices et autres richesses, elles sont parties d'Europe, emportant chacune un violon. L'une est partie au sud, a contourné le continent africain, puis a fait un escale devenu permanent dans l'es îles d'abondance de l'Océan Indien. Elle est devenue créole seychelloise. L'autre est partie vers l'ouest, traversant l'Océan Atlantique, rencontrant l'Amérique par le fleuve Saint-Laurent. Elle est devenue québecoise. Toutes deux font encore danser aujourd'hui, l'une accompagnée d'un triangle, l'autre de cuillères. Les kamtole, contredanse, set carré et reel sont de cette même famille. Saluez votre compagnie ! Frap ou lanmen kavalie !
