Daniel Singaïny, Nagoulen Singaïny, Maurice Singaïny - Facteurs de tambour malbar

Étude organologique réunionnaise

publié par

PHOI

27 décembre 2023

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Issu du projet « Le numérique au service de la sauvegarde et du rayonnement du patrimoine musical » et dans la continuité de l’étude organologique menée à Mayotte en 2022, l’équipe de la PHOI a poursuivi son travail de collectage et de captations audiovisuelles des instruments traditionnels en considérant, en 2023, sur l’ensemble du territoire réunionnais, l’effectif instrumental d’héritage afro-malgache.

Neuf instruments emblématiques du maloya (pikèr, roulèr, kayamb, sati, tryang, bwat a let, tambour malbar, morlon et bob) ont ainsi fait l’objet de podcasts, présentés aussi bien du point de vue des pratiques de jeu que de leur fabrication.

Le but est de permettre au grand public de renouer, voire de découvrir les pratiques traditionnelles et les instruments locaux qui participent de la richesse et de la diversité de l’identité culturelle réunionnaise. Il s’agit également de mettre à la disposition des jeunes générations des témoignages de référence sur les pratiques musicales passées et actuelles.

Étude organologique réunionnaise - Interview de Daniel, Maurice et Nagoulen Singaïny, Saint-Gilles Les Hauts, 01/04/23.

Dans ce podcast, Daniel Sangaïgny, président de la chapelle La Misère et prêtre public auprès de la communauté tamoule, revient sur son parcours et sur la transmission des pratiques religieuses et musicales au sein de sa famille.

Son père, lui-même prêtre auprès des familles tamoules, lui a transmis les prières et les gestes nécessaires à l’exercice de cette fonction. Issu d’une caste qui ne pratiquait pas le tambour, Daniel ne découvre cet instrument que plus tardivement. Né à La Réunion, il considère alors que les anciennes distinctions de caste n’ont plus leur place et que la pratique du tambour constitue une part essentielle de sa culture. Il raconte également son expérience de facteur de tambours et l’évolution de leur fabrication, qu’il juge aujourd’hui plus perfectionnée qu’à ses débuts.

Son fils Nagoulen Sangaïgny témoigne à son tour de la transmission dont il a bénéficié au sein de la chapelle La Misère. Son père demeure pour lui une figure essentielle, aux côtés de son frère Maurice Sangaïgny (Dada), qui a lui-même connu un parcours singulier. En raison de son métissage, Maurice a d’abord été écarté de la pratique instrumentale. Il choisit alors de se former seul avant de transmettre à son tour ses connaissances à ses trois frères.

Au fil de plusieurs voyages en Inde, les frères ont pu confronter leurs pratiques à celles observées sur le continent indien. De cette expérience est née une réflexion sur la singularité de la tradition malbare à La Réunion : une tradition façonnée par l’histoire de l’île, les rencontres et les métissages, et dont les pratiques musicales et religieuses témoignent aujourd’hui d’une identité propre.

Fanie Précourt

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