Instruments de musique des Seychelles

Les idiophones

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Fanie Précourt

17 juillet 2026

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À 1 700 km des côtes africaines orientales, 1 100 km de celles de Madagascar et 2 800 km de la côte ouest de l’Inde, la République des Seychelles comprend quatre archipels : celui des Seychelles proprement dit (constitué d’une trentaine d’îlots, dont les principaux sont Mahé, Praslin, La Digue et Bird Island), ainsi que les îles Amirantes, les atolls Farquhar et Aldabra. L’ensemble des Seychelles compte 115 îles et îlots, répartis sur 400 000 km², pour une superficie terrestre totale de 452 km².

La population seychelloise s’élève aujourd’hui à 135 000 habitants, dont 80 000 résident sur Mahé. Elle est le fruit de métissages entre les Français (occupation de 1756 à 1810), les Anglais (régime colonial britannique de 1810 à 1976) et les Afro-Malgaches (issus de l’esclavagisme de 1770 à 1835), aux côtés de minorités indiennes, comoriennes et chinoises (descendants de coolies recrutés durant la période de l’engagisme, entre 1840 et 1930).

La population est majoritairement catholique (90 %). Le créole seychellois est parlé par 90 % des habitants, tandis que le français et l’anglais sont utilisés respectivement par 40 % et 30 % de la population.

Devenu République des Seychelles en 1976, l’archipel s’illustre aujourd’hui par une culture musicale ancestrale et pluriethnique, intimement liée aux flux migratoires des pays colonisateurs ainsi qu’aux échanges avec les îles et pays de la région. Dans cette zone d’identité culturelle commune, les pratiques musicales seychelloises se situent à la croisée des héritages africains, malgaches, indiens et européens.

Les îles abritent différents types d’instruments de musique, caractérisés par leurs matériaux, formes, techniques de fabrication et sonorités. Fruits de l’ingéniosité des facteurs, ces instruments présentent des singularités uniques, que nous vous invitons à découvrir à travers quatre articles consacrés aux quatre familles organologiques : les membranophones, les idiophones, les cordophones et les aérophones.

Les idiophones

Dans la famille des idiophones, qui regroupe les instruments dont le son est produit par la vibration du corps même de l’instrument, sans l’intervention de cordes ou de membranes, sont présents aux Seychelles deux instruments traditionnels qui continuent d’être utilisés de manière significative : le triyang et le koko. Ces instruments, principalement de facture artisanale, témoignent d’un savoir-faire local et jouent un rôle important dans la transmission des pratiques musicales seychelloises.

Le triyang

<i>Triyang</i> industriel, Mahé, 11/25.
Triyang industriel, Mahé, 11/25.

Le triyang (tryang ou triangle), au sein de la zone de l'océan Indien, fait partie de l'héritage laissé par la population d'origine européenne à la fin du XIXe siècle. Son utilisation s'est rapidement généralisée dans toutes les musiques seychelloises, jusqu'à devenir indispensable du kanmtole, du moutya et du sega. Dans le kanmtole, il servait dans un premier temps à indiquer uniquement les changements de chorégraphie. Il s'inscrivit en tant que marqueur rythmique régulier au sein de l'effectif instrumental par la suite. Jadis modelés de diverses dimensions localement par des forgerons, des facteurs d'instruments ou des musiciens eux-mêmes, à partir de lourdes tiges d'acier (servant souvent d'armature dans les constructions de bâtiments), ils sont aujourd’hui principalement de facture industrielle et importés d’Europe.

Le koko et le kaskavel

Hochet <i>koko, Praslin, 11/25.</i>
Hochet koko, Praslin, 11/25.

Idiophones par percussion et indirectement par secouement, le koko (comparable aux maracas) et le kaskavel (traditionnellement en vannerie cousue, que l’on retrouve à Maurice et à Rodrigues sous le nom de katya-katya, et appelé également kaskavel, kavir ou kavia à La Réunion, ainsi que kahemba ou kandreho à Madagascar) font partie de la famille des hochets. Autrefois utilisé uniquement dans le cadre du jeu de l’arc musical bonm, le kaskavel est devenu autonome, pouvant se jouer seul. Sa sonorité se rapproche alors de celle du hochet en radeau (maravann, kayamb, raloba), mais sa pratique s’est fortement raréfiée à partir des années 1960, face à l’essor du koko. Aujourd’hui, si le koko subsiste encore timidement, le kaskavel n’est plus pratiqué.

Hochet <i>koko</i>, confectionné en bois. Mahé, 11/25.
Hochet koko, confectionné en bois. Mahé, 11/25.

Fanie Précourt

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