Inventaires des instruments, des danses et musiques traditionnelles seychelloises

Érosion culturelle

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Fanie Précourt

13 novembre 2026

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Parmi les dix-neuf instruments de musiques des Seychelles, six ont disparu, neuf sont rares et quatre courants

En 2025, dix-neuf instruments traditionnels ont été recensés aux Seychelles, principalement sur les îles de Mahé, La Digue et Praslin. Parmi eux, six ont aujourd’hui disparu de la pratique instrumentale contemporaine, certains ne subsistant plus qu’à travers de très rares exemplaires. Aucun de ces instruments ne fait malheureusement l’objet d’un processus de reculturation, c’est-à-dire d’une réintégration active dans le paysage musical actuel.

Par ailleurs, neuf instruments sont considérés comme rares, voire en voie de disparition, ce qui constitue un constat préoccupant. Cette situation s’explique notamment par la raréfaction des matières premières, l’évolution des pratiques musicales, ainsi que l’absence de relève parmi les facteurs d’instruments vieillissants. Fait particulièrement marquant, le tanbour moutya figure parmi ces instruments fragilisés, alors même qu’il demeure l’emblème du moutya, un genre musical inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2019. Face à cette pénurie, deux membranophones de substitution ont progressivement intégré l’effectif instrumental seychellois : le djembé, largement diffusé à l’échelle mondiale, et la ravann de l’île Maurice, un tambour sur cadre proche du tanbour moutya.

En parallèle, quatre instruments de fabrication industrielle restent très répandus et largement utilisés lors des festivités, sans sembler aujourd’hui menacés.

Parmi les neuf musiques et danses des Seychelles, deux ont disparu, quatre sont rares et trois courantes. 

Concernant les musiques et danses traditionnelles, pour les neuf répertoires identifiés, le constat n’est guère plus réjouissant. Trois d’entre eux peuvent être considérés comme vivants, car encore régulièrement pratiqués et diffusés. À l’inverse, trois autres apparaissent aujourd’hui menacés, soit en raison de leur caractère jugé désuet, soit du fait de la disparition ou de la raréfaction de leurs instruments attitrés, comme le zez et le bonm pour ce qui relève de la sanson bonm ou zez. Deux répertoires ont quant à eux complètement disparu, bien qu’ils subsistent encore dans la mémoire des anciens praticiens. Enfin, un dernier a fait l’objet d’une tentative de reculturation au siècle dernier, sans toutefois parvenir à s’imposer durablement ni à se populariser.

Dans l’ensemble, ces dynamiques témoignent d’un déséquilibre croissant entre transmission vivante et érosion des pratiques. Si certains répertoires continuent d’exister grâce à leur ancrage dans des contextes festifs ou identitaires, une part importante de ce patrimoine immatériel reste fragilisée, faute de renouvellement générationnel et de valorisation institutionnelle suffisante. Cette situation souligne l’urgence de mettre en place des actions de sauvegarde, de documentation et de transmission, afin de préserver la diversité et la richesse des expressions musicales et chorégraphiques seychelloises.

Fanie Précourt

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