Thérésia Penda Choppy, directrice de l'Institut de recherche sur la langue et la culture créoles

Etude musicologique seychelloise

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Fanie Précourt

18 septembre 2026

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Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.

À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.

Étude musicologique - Interview de Thérésia Penda Choppy, Mahé, 10/25.

Dans ce podcast, Thérésia Penda Choppy, née en 1971, retrace le parcours qui l’a conduite à devenir Directrice de l’Institut de recherche sur la langue et la culture créole à l’Université des Seychelles. Durant dix-sept années passées au sein de l’Institut créole, elle a notamment travaillé à la compilation des chants de Patrick Victor, un travail qui aboutit à la publication de l’ouvrage Griyo lepep (En Koleksyon Sanson. Seychelles, éd. Okap / Lenstiti Kreol, Édition Festival Kreol Sesel, 2007). Cette recherche l’a amené à explorer plus largement les écrits et les textes du musicien, qui abordent l’histoire des Seychelles, la planification familiale, les croyances religieuses, la culture traditionnelle (moutya, sega), ainsi que les figures fondatrices de l’héritage seychellois. Elle met en lumière la richesse de ces expressions culturelles, tout en soulignant la fragilité de certaines formes aujourd’hui menacées de disparition, comme le tsinge ou le sokwe, dont les derniers praticiens ont presque tous disparu. Elle note toutefois des exceptions encourageantes, notamment avec le groupe “Masezarin”, qui continue de transmettre en famille des pratiques comme le madilo (danse des bâtons). Si de nombreux jeunes se tournent vers les musiques modernes, certains artistes réinterprètent avec créativité les répertoires traditionnels. Elle cite par exemple Jean-Marc Volcy, qui a repris des titres de Ton Pa (Jacob Marie), ainsi qu’Elijah et Jahrimba, qui valorisent les expressions créoles dans leurs compositions. Son objectif est clair : encourager les jeunes générations à puiser dans ces sources traditionnelles afin de les faire vivre à travers des créations contemporaines. Pour elle, l’avenir de la culture seychelloise réside dans un dialogue fécond entre tradition et modernité.

Fanie Précourt

   

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