Jeff Bibi, joueur de moutya
Ethnographie des musiciens seychellois
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Fanie Précourt
22 mai 2026
Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.
À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.
Ethnographie des musiciens - Interview de Jeff Bibi - La Digue, 11/25. Dans ce podcast, Jeff Bibi, né à La Digue en 1979, pratique la musique depuis son plus jeune âge. Il fait ses premières armes au sein du groupe "Masézarine", avant de fonder sa propre formation, “Léko Bwaver”, en hommage à un ancien musicien surnommé Bwaver. À travers ce groupe, il perpétue un héritage musical traditionnel. Léko Bwaver est composé de ravann (tambour sur cadre comparable au tanbour moutya), de djembé et de triyang. Il pointe le fait que les instruments traditionnels seychellois sont aujourd’hui en voie de disparition. Ainsi, le tanbour moutya a progressivement été remplacé par la ravann mauricienne et le djembé au sein de cette formation dédiée au moutya traditionnel et au sega otantik, de tempo plus rapide que le sega classique. Le triyang demeure au sein de son groupe le seul instrument de fabrication locale, conçu à partir d’une tige de métal chauffée et façonnée artisanalement. Il regrette de ne plus avoir la possibilité d’être programmé dans les hôtels, situation qui entraîne une perte progressive des musiciens.
Fanie Précourt
