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Fanie Précourt
14 avril 2026
Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.
À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.
Ethnographie des musiciens - Interview de Brian Matombé - Mahé, 11/25. Dans ce podcast, Brian Matombé, né en 1960 à Anse Boileau dans une famille de danseurs — sa mère étant chanteuse de romances — raconte ses débuts dans la musique. Curieux et déterminé, il s’exerçait en cachette sur les instruments de son beau-père, violoniste et banjoïste, apprenant autodidacte, à l’oreille. Il commence par jouer de la batterie dans son premier groupe, puis rejoint Latroup Nasyional aux côtés de Patrick Victor, toujours à la batterie. Plus tard, il se forme au tanbour moutya et au tanbour sega. Très jeune, il devient également komander, encouragé par les danseurs de kanmtole, ce qui développe ses talents vocaux et l’amène à chanter. Brian explique que le répertoire du kanmtole se divise en deux parties : certains morceaux ne sont pas dirigés (vals, kotis simple et double, polka, mazok, 4 pat), tandis que les contredanses sont codifiées (avant 2, avant 3, avant 4, min gos, min drwat, galop, final, Lanciers). Autrefois, la pratique du kanmtole était très vivante dans chaque district, portée par de nombreux groupes culturels qui organisaient échanges et compétitions régulières. Aujourd’hui, les groupes de kanmtole ont presque disparu, menaçant cette tradition. Il lance un appel aux jeunes, les seuls capables d’assurer la relève, pour que la pratique et les danses traditionnelles seychelloises continuent de vivre.
Fanie Précourt
