Chanel Kilindo, joueur de « tanbour moutya »

Ethnographie des musiciens seychellois

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Fanie Précourt

15 octobre 2026

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Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025.

Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale. À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.

Ethnographie des musiciens - Interview de Chanel Kilindo - Mahé - 11/25.

Dans ce podcast, Chanel Kilindo, chanteur, joueur de tanbour moutya et leader du groupe “Vwazin”, né en 1986, revient d’abord sur l’origine de son amour pour le moutya. Il découvre cette musique très jeune grâce à son oncle, Marc Dubel, ainsi qu’en observant les groupes qui interprétaient ce répertoire, jusqu’au moment où l’envie de jouer lui-même du tanbour moutya devient irrésistible. Il explique ensuite l’effectif instrumental de base du moutya, qui repose sur trois tambours de tailles, de tessitures et de timbres différents. Le plus grand tambour de 22 pouces assure le rôle de basse. Le tanbourye « pil » en accentuant les temps de la pulsation. Le tambour de taille moyenne de 20 pouces est utilisé pour “vané”, c’est-à-dire poser les battements de base. Le troisième tambour, plus petit et plus aigu, sert à réaliser les ornements, en « denotan ». Chanel rappelle également que le moutya ne représente qu’une partie de la musique traditionnelle des Seychelles, qui comprend aussi le sokwe et le tsinge, aujourd’hui beaucoup moins pratiqués et donc encore plus menacés. Il exprime enfin son souhait de devenir musicien à plein temps et de contribuer activement à la vitalité des répertoires traditionnels, ce qui demande engagement, passion, énergie et une véritable philosophie de vie au quotidien.

Fanie Précourt

     

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