Cyril Vital, multi-instrumentiste, interprète de musiques traditionnelles

Ethnographie des musiciens seychellois

publié par

Fanie Précourt

24 avril 2026

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Issu du projet « Phonothèque Historique de l’Océan Indien : collecter, sauvegarder et partager le patrimoine musical », cofinancé par le programme Interreg VI OI 2021-2027, l’Ambassade de France aux Seychelles, la Région Réunion, la DAC et le conseil Départemental de La Réunion, ce travail s’inscrit dans la continuité des études organologiques menées à Mayotte en 2022 et à La Réunion en 2023. Dans cette dynamique, l’équipe de la PHOI a poursuivi sa mission de collectage aux Seychelles durant les mois d’octobre et de novembre 2025. Les témoignages recueillis, principalement auprès des musiciens et des facteurs d’instruments, ont pour objectifs de valoriser les pratiques musicales seychelloises, d’en assurer la transmission et la pérennité et de permettre au grand public de redécouvrir — ou de découvrir — les traditions passées et contemporaines ainsi que les instruments qui contribuent à la richesse et à la diversité de l’identité culturelle régionale.

À travers ces podcasts, les artistes se livrent également sur leurs parcours et leurs conditions d’exercice actuelles. Ils dressent un état des lieux de la vie culturelle de l’archipel, évoquent les dynamiques en cours, mais aussi les difficultés et les enjeux auxquels ils sont confrontés. Ces récits offrent ainsi un éclairage précieux sur les réalités contemporaines du secteur.

Ethnographie des musiciens - Interview de Cyril Vital - Mahé, 11/25.

Dans ce podcast, Cyril Vital, né en 1966, nous raconte son enfance baignée de musique. Né en 1966 dans une famille de musiciens modestes, il a grandi au son du violon, du banjo, de la guitare et de l’accordéon, instruments utilisés pour animer les bals populaires du milieu rural auxquels il assistait. Très tôt, il a appris la musique de manière autodidacte, reproduisant à l’oreille les morceaux diffusés à la radio et s’exerçant sur les instruments des adultes une fois leur départ au travail. Cette enfance l’a profondément marquée et conduit à faire de la musique sa profession. Une profession aujourd’hui très compliquée, voire en voie de disparition, à l’image des instruments traditionnels tels que le bonm, le makalapo ou le zez. La relève se fait rare, les jeunes étant davantage influencés par leurs ordinateurs et les médias, qui ne leur transmettent pas la culture musicale traditionnelle, malgré le fait que les Seychelles soient un pays touristique. Le constat est amer : des groupes existent, mais n’ont souvent pas la possibilité de se produire. Les musiciens sont donc contraints de chercher un autre métier pour vivre. Cyril, lui, continue malgré tout à exercer sa passion, souvent comme musicien de remplacement. Âgé, il persiste dans ce métier, mais n’encourage pas les jeunes à devenir musiciens, conscient de la difficulté d’en vivre. À titre d’exemple, il n’a pas perçu ses droits auprès de la Société des Auteurs et Compositeurs des Seychelles depuis quatre ans, en raison d’une mauvaise gestion des institutions culturelles. Une situation qui illustre bien les défis auxquels sont confrontés ceux qui veulent faire perdurer la musique traditionnelle.

Fanie Précourt